Auteur/autrice : Papa

  • Dans un carton

    On m’a mis dans un carton. Sans préavis.

    Officiellement, c’est « pour la photo ». Officieusement, j’ai des soupçons. Depuis quelque temps, une rumeur circule dans la maison : il serait question d’un déménagement. Des mots comme « cartons », « camion » et « on emporte quoi ? » reviennent un peu trop souvent dans les conversations.

    Alors je me pose la question : s’agit-il d’une répétition générale ? Est-ce qu’on vérifie si je rentre bien dans les dimensions standard ? Est-ce que je vais être étiqueté « fragile » et rangé entre la vaisselle et les livres de papa ?

    Je tiens à préciser que je suis d’accord pour déménager. Mais je voyagerai dans les bras de maman, comme tout le monde. Le carton, c’est pour les assiettes.

    Cela dit, je reconnais qu’il est assez confortable. Si on y met une couverture, je veux bien envisager de faire une sieste dedans. Mais pas plus.

    — V.

  • 5 mois !

    Ma photo officielle des cinq mois !

  • Le cadeau

    Petit message officiel à l’attention des collègues de papa : merci.

    Vous m’avez offert une tenue, et je dois dire que vous avez visé juste. Je suis beau. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est tout le monde. Enfin, surtout maman, mais elle a l’œil.

    Je ne vous connais pas encore, mais vous avez déjà une excellente réputation chez moi. Si papa parle de moi au bureau, sachez que tout est vrai. Surtout les parties flatteuses.

    — V.

  • Le transat de la famille

    Ce transat, je n’en suis pas le premier propriétaire. Avant moi, il y a eu Gabriel. Puis Cassandre. Et maintenant, moi. C’est un héritage familial, comme les épinards sur le menton. Il a donc de l’expérience, ce transat. Il en a vu passer, des bébés. Il connaît le métier.

    Mon avis, après plusieurs essais : c’est très bien. Pendant cinq minutes. C’est confortable, on est bien calé, on voit ce qui se passe dans la pièce. Mais au bout de cinq minutes, je commence à trouver que les bras de maman ou de papa seraient quand même plus adaptés à mon statut. Et je le fais savoir. Avec la même conviction que pour le tapis.

    Gabriel et Cassandre, eux, ont l’air d’avoir tenu plus longtemps. Il paraît. Moi, j’ai des standards.

    — V

  • Par terre et content

    Événement rare, à noter dans les annales : aujourd’hui, j’étais content d’être par terre.

    Je précise, parce que d’habitude, ma position sur le sujet est claire. Le sol, c’est non. Ma place, c’est dans les bras de maman ou de papa, à hauteur d’adulte, là où se passent les choses importantes. Quand on me pose sur le tapis, je râle. Fort. Avec conviction. Et en général, ça marche.

    Mais aujourd’hui, on m’a donné une balle pleine de trous, parfaite pour être mâchouillée sous tous les angles. Il y avait aussi des peluches, des trucs qui pendent, bref, un environnement de travail tout à fait correct. Alors j’ai fait une exception.

    Que mes parents ne s’habituent pas trop. Demain, je râle à nouveau.

    — V.

  • 4 mois !

    Ma photo officielle des quatre mois !

  • Les épinards et la génétique


    Aujourd’hui, au menu : quelque chose de vert. Des épinards, il paraît. Je confirme qu’ils étaient délicieux. Je confirme aussi qu’ils sont désormais un peu partout : sur mon menton, sur mon ventre, sur mes cuisses, sur les mains de maman, et probablement à quelques endroits qu’on découvrira plus tard.

    Certains appelleront ça « manger salement ». Je préfère parler d’héritage familial. Car avant moi, il y a eu Gabriel. Et Gabriel, au même stade de sa carrière, pratiquait déjà cette technique avec un talent certain (les preuves sont ici, pour les sceptiques). Ce n’est donc pas de la maladresse : c’est génétique. On ne lutte pas contre ses gènes.

    Pour info, Gabriel a fini par manger proprement. Ça laisse de l’espoir à mes parents. Mais rien ne presse.

    — V.

  • Les grandes vacances

    Premières grandes vacances. Et je dois dire que le concept me plaît énormément.

    Le principe, si j’ai bien compris : tout le monde est là, personne ne part travailler, personne ne part à l’école, et on passe ses journées à traîner ensemble sur le lit. Exactement mon programme habituel, sauf que cette fois, toute la famille l’a adopté. Ils ont enfin compris.

    Je ne sais pas combien de temps ça dure, les grandes vacances. Mais si on pouvait en faire une habitude, je signe tout de suite.

    — V.

  • Pastèque

    Grande nouvelle : j’ai commencé la diversification alimentaire. Jusqu’ici, mon menu tenait en un seul mot. Aujourd’hui, on m’a présenté un deuxième aliment : la pastèque.

    Je dois dire que le choix est judicieux. C’est frais, ce qui est appréciable quand il fait chaud. C’est mou, ce qui est appréciable quand on n’a pas de dents. Et c’est plein de jus, ce qui est appréciable quand on aime en mettre partout. Trois critères sur trois, bravo à l’équipe.

    Maman tient le morceau, je fais le reste. Sur la photo, j’ai l’air très concentré : c’est que je goûte avec la plus grande rigueur. Le verdict est en cours de rédaction, mais je peux déjà dire qu’il y aura une suite.

    Prochaine étape : découvrir les autres fruits. Et peut-être un jour, tenir le morceau tout seul.

    — V.

  • Ou suis-je ? que fais-je ?

    Trois mois, et toujours cette même question qui me travaille : qu’est-ce que je fais là, exactement ?

    On m’a installé sur les genoux de maman, en couche, sans plus d’explications. Personne ne m’a donné de programme, de mode d’emploi, ni même un petit mot d’accueil. Derrière moi, Cassandre regarde un écran, très occupée, visiblement pas disponible pour répondre à mes interrogations. Alors je fixe l’objectif avec sérieux, en espérant que quelqu’un finira par m’expliquer le concept général. Pour l’instant, j’en suis à : on mange, on dort, on se fait prendre en photo. Ça manque un peu de vision, mais je reste ouvert.

    — V.